☀️ 13 à 28°C
Nuit rythmée par les chiens qui avaient décidé d’aboyer à tour de rôle et l’un est même venu pisser sur ma tente à 5h !
Un peu avant 7h, j’entends que la traite des chèvres a commencé donc je me lève à mon tour pour un gros nettoyage de tente histoire qu’elle ne sente pas la pisse de chien pendant des mois.
Avant de partir, je fais un gros plein d’eau:
bouteille de 1,16L
2 bidons de 0,6L
Gourde de 1L
grosse bouteille avec env 4L
J’ai donc un peu plus de 7L pour boire et manger sur 2 jours normalement (55 bornes avant le col, pas de village mais peut-être quelques fermes de chèvres)
Effectivement, quelques fermes sont regroupées sur les 2 premiers kilomètres puis, plus aucune.
La piste s’éloigne irrémédiablement de la civilisation et sa qualité se dégrade en même temps : alternance pierres et sable. Les pentes sont très irrégulières et m’obligent à pousser de plus en plus souvent.
Les kms ne défilent pas vite mais les bidons se vident très vite eux. Et au bout de 2h, après seulement une dizaine de kms, je me rends compte que je pars dans une belle galère et qu’il faut que je sois raisonnable sur l’eau. Malgré l’altitude (relative) il fait encore très chaud et pas d’ombre.
À la faveur d’un arbuste épineux, je réussis malgré tout à être partiellement protégé de soleil pour ma pause dej : un gros sandwich avec jambon et fromage chauds. Presque un panini, sans machine !
Cette pause me permet de réfléchir à la suite du programme : il m’a fallu 4h pour faire 20 bornes, je suis tombé une fois (sans gravité) à cause de tout ce sable et j’ai eu la chance d’éviter plusieurs chutes de justesse.
Je prends donc la décision d’intercepter la prochaine voiture qui me double pour voir si elle peut me monter jusqu’au col.
Malheureusement, les voitures semblent juger comme moi que cet itinéraire est dur… et je n’en ai croisé qu’une depuis le départ ce matin qui descendait, donc en sens opposé.
Je continue donc à essayer d’avancer en alternant toujours pédalage et poussage. Et à boire énormément mais les réserves s’amenuisent.
À 17h45, la roue tourne, j’aperçois une route au loin, une vraie route et même une voiture qui y circule: l’espoir reprend. Mon itinéraire rejoint en fait cette route pour accéder jusqu’au col.
Juste avant d’atteindre cette route un pickup arrive à ma hauteur. Entre temps j’ai changé d’avis car avec une route ma progression devrait s’accélérer. Je l’intercepte malgré tout pour de l’eau et il m’indique qu’il y a un puit un peu plus bas, il s’y rend justement.
Après avoir demandé si l’eau est potable, je remplis mes bidons et mes bouteilles: je suis bien soulagé. Et bois donc un demi-bidon d’une traite. Je jette ensuite un œil à la bouteille pleine dont l’eau est un peu marron… avec des petites bestioles qui nagent !
Aïe aïe aïe, je viens de mélanger mes 3L d’eau nickel avec cette eau douteuse.
Bon, j’ai de quoi prendre une douche au moins.
Je décide de rester à côté de ce puit pour la nuit et plante la tente fissa avant de lancer un gros dîner : couscous et petits pois. Je fais aussi bouillir un peu de cette eau douteuse au cas où je ne trouve pas mieux demain matin. Ma réserve de bonne eau pour le dîner, la nuit et le début de l’étape : la gourde d’1L, ça fait pas beaucoup.
Mais je compte bien mendier auprès des voitures sur la route, en espérant qu’il y en ai cette fois.