⛅️💨💨💨 4 à 9°C ressenti -30
Nuit parfaite à l’hosteria La Frontera et p’tit dej copieux.
Objectif du jour : rallier un refuge pour pouvoir dormir à l’abris. Le prochain village est à environ 140km.
Vu le vent annoncé (autour de 55km/h, rafales à 75) je me lance en me disant que si ça le fait pas, je reviens à l’hosteria.
Mais après 10km et presque 2h de lutte, j’arrive au refuge que je visais la veille. C’est toujours ça de pris, si je ne peux pas aller plus loin, j’ai un endroit où dormir.
Je reprends la route avec toujours ce satané vent. Comme l’a dit Cédric dans un commentaire, le vent est l’ennemi du cycliste. On parle souvent des côtes, mais à la fin d’une côte, il y a la récompense et du repos avec la descente.
Avec le vent, si on va toujours dans la même direction, il n’y a jamais de récompense, jamais de repos.
Il y a quand même un avantage, je vais tellement doucement que j’ai le temps de voir tout ce qui se passe autour. Moi j’adore les animaux donc je me marre quand plus de 200 moutons se mettent à courir car j’ai fait peur à 2 d’entre eux qui se sont mis à courir. La course poursuite durera plus d’un km.
Le guanaco n’a pas l’air d’être l’animal le plus intelligent de la pampa : un que j’ai surpris a traversé juste devant un camion. Lui s’en est sorti vivant contrairement à beaucoup d’autres sur le bord de la route.
J’ai pu observer aussi un petit animal moche qui ressemblait vaguement à un pangolin. S’il y a un expert qui peut nous dire ce que c’est (cf. photo) ?
Revenons au vélo : pour la première fois du voyage, j’ai dû descendre et pousser. Pas à cause du revêtement (parfait), mais du vent qui m’empêchait d’aller à une vitesse minimale permettant l’équilibre. J’ai même pousser dans une descente une fois !
Le 2ème refuge rallié n’étant pas habitable, objectif le suivant. Je donne tout ce qu’il me reste mais plusieurs fois je pense à faire demi-tour et à me laisser porter par le vent jusqu’au 1er refuge. Je persiste et atteint le fameux refuge vers 19h. Par chance, il est vide donc j’installe vite mon matelas et mon sac de couchage sur la mezzanine pour marquer mon territoire. D’autres ont déjà marqué leur territoire dans les toilettes sèches : ça sent pas la rose.
Un chilien débarque avec un gros sac à dos mais il attend simplement son père qui vient le chercher. Je lui offre quelques chips et il me partage sa connexion internet pendant 5’ : bon deal.
Je me lance dans la cuisson des spaghettis aux épinards : pas dingue mais j’avais faim.
Écriture du récit et dodo : il va faire frais cette nuit mais je suis à l’abris du vent donc tout va bien.
Ah petit point santé du cycliste : pas de bobos, juste les lèvres gercées. Globalement fatigué mais pas de grosse douleur. Et cul OK malgré les 5 à 7h de selle par jour.