💨💨 7 à 16°C ressenti -15


Comme le suggérait la météo, le vent souffle fort, dès l’aube.

Après le p’tit dej et le bouclage des sacoches, l’aube est déjà bien loin mais le vent est lui toujours présent. Avant de sortir de la ville, je complète ma besace avec 2 fromages, 2 paquets de gâteaux et du pain bizarre.

Le prochain village, San Sebastian, est à 80km. C’est ambitieux mais ça peut le faire : par exemple, à 12,5km/h de moyenne, ça donne environ 6h30 de selle. Alors go go go !

Le vent semble encore plus fort qu’hier, mais comme je suis mieux entraîné qu’hier (1 jour d’entraînement en plus…) je fais face et j’appuie fort sur les pédales mais je plafonne à 10-11km/h. Petite boulette d’orientation car je ne regardais pas le GPS donc je dois faire demi-tour. Et là miracle, je donne deux coups de pédale, j’arrête de tourner les jambes et hop je suis à 20km/h. Le bonheur ne dure que 300m car j’arrive déjà à la bifurcation manquée plus tôt.

La suite de la journée, un long calvaire, des pauses, beaucoup de pauses mais courtes car en plein vent sans pédaler, je suis vite frigorifié.

Je sais assez vite que je ne réussirais pas à rejoindre San Sebastian donc il me faut trouver de l’eau et un endroit abrité du vent. Concernant l’eau, faute de rivière, je vais taper à la porte d’un petit site d’extraction de pétrole où on me laisse remplir mes bidons. Concernant l’abris, c’est moins facile : pas un seul relief naturel, pas d’arbres, pas de rochers et les baraquements sont tellement espacés (en vrai pas tant que ça mais à ma vitesse de croisière, tout me paraît loin). Vers 17h, plusieurs maisons en vue, je m’aventure à proximité et tombe sur 2 fermiers en train de dépecer un mouton : « Estoy buscando un lugar para montar mi tienda» + quelques signes et « VIENTO ! Muchos VIENTO !»

C’est gagné, je peux poser ma tente à côté du hangar à bois.

Tout est bien qui finit bien : petit repas sur le pouce car j’ai froid et hop dans la tente d’où j’écris ce petit récit présentement. Faute de réseau, il sera en ligne quand les bornes telecom se présenteront sur ma route.

Demain : on verra, le vent devait continuer à souffler donc ce sera peut-être une petite étape jusqu’à San Sebastian. Si je trouve un hébergement, je prendrais probablement un premier jour de repos (oui, déjà) car je suis bien fatigué.