☁️⛅️💨💨💨 8 à 15°C
La nuit dans l’abribus ne fut pas désagréable, pas une seule voiture de la nuit, la 1ere à 5h50. Je ne tarde pas trop dans mon duvet car je me dis que si des enfants arrivent pour aller à l’école, la situation va être bizarre.
Donc emballage fissa du matos et des fringues dans les sacoches puis p’tit dej tranquillou avec le replay de la matinale de France Inter (j’ai du réseau, j’en profite pour me reconnecter à la France).
L’étape du jour n’est pas trop ambitieuse : 16km pour rejoindre Cerro Castillo, la ville avant la frontière et surtout la dernière avant El Calafate, la cible pour dans quelques jours,
Vent dans le dos, les 16km sont avalés en 2 temps 3 mouvements, je tombe sur un couple d’italiens à vélo, justement partis d’El Calafate, direction Ushuaïa. Il ne sont pas très loquaces mais je leur demande s’ils ont un bon plan pour passer la nuit à Cerro Castillo. Ils m’indiquent que pour 40€, ils ont passé une super nuit à l’hôtel « je ne sais plus comment ». C’est un peu au-delà de mon budget mais je suis près à casser la tirelire car après 3 nuits de tente/abribus, j’ai besoin de me poser.
Mais là douche froide ! Enfin même pas de douche puisqu’on m’annonce un prix de 180€ pour une chambre. Après avoir fait la moue, le prix descend à 103€ mais je décline. Je tente les 2 autres hôtels : 90€ pour le 1er, complet pour le 2nd. Aïe aïe aïe. Je dois changer mes plans : pas de douche, pas de laundry pas de journée glandouille, pas de repas gastronomique. À la place, il ne reste plus qu’à refaire le plein de provisions et ré-enfourcher ma selle direction la frontière.
Passage sans encombre de la frontière chilienne puis 10km plus loin de la frontière argentine.
Les conditions sont parfaites pendant quelques kilomètres : fort vent dans le dos et route bitumée, je fonce en pédalant à peine. Mais bifurcation à gauche pour El Calafate et le bitume cède la place à une piste qui a l’air bien pourrie. Un baraquement sur le bord semble occupé, je fais toc toc pour quémander de l’eau afin de remplir mes bidons : c’est un succès, même pas besoin de Google Translate. Et mon faible niveau d’espagnol me permet même de comprendre que mes interlocuteurs me déconseillent de prendre cette piste à vélo. Certes, il y a un autre itinéraire, bitumé lui, mais qui rallonge d’environ 100km (c’est celui que Komoot, mon appli GPS Vélo, m’a proposé).
Je tergiverse et finalement m’engage sur cette piste. Dès les premières dizaines de mètres je sens que ça va être un plan galère. Le vent est toujours favorable mais il souffle trop fort, je suis obligé de freiner car au-dessous de 10km/h ca secoue trop fort. Parfois je suis même obligé de mettre pied à terre sur plusieurs centaines de mètres de peur de tout casser.
Le temps défile, les km un peu moins et une question clé se pose : où vais-je passer la nuit ? Le vent est trop fort pour sortir la tente et aucun abris à l’horizon. Les collines sont trop petites et pas assez pentues. À un moment un tas de pierre me donne un espoir mais non, l’abris est inefficace.
Ma bouée de sauvetage : un poste de police abandonné, que je réussis à rallier vers 22h30, à la tombée de la nuit après plus de 9h passées sur la selle. Le spot, que je découvre à la frontale, est un peu glauque mais je m’installe dans une petite pièce avec des fenêtres et même une porte : adios viento !
Je suis passé par toutes les émotions aujourd’hui, pfiouuuuu