☀️🌤️🌩️💨 7 à 19°C
C’est le grand jour ! Je vais essayer de me lancer dans la « traversée » du Salar de Uyuni.
Mais avant ça rapide retour en arrière. Hier aprem, soucieux de savoir si le Salar était pratiquable à vélo en ce moment, je poste un message sur le WhatsApp Cycling South America. Quelques minutes plus tard, le couperet tombe. Un voyageur m’informe qu’il devait le faire en 4*4 mais le tour opérateur a annulé, trop d’eau. Je suis au fond du trou, c’était, depuis Ushuaïa, le 1er passage obligé que je m’étais fixé.
Je passe la soirée à cogiter puis me dit que la nuit porte conseil.
Je me réveille avec une certitude : je vais essayer et si ça passe pas, demi-tour.
À 9h, je me lance, 20km d’approche sur de la piste correcte puis virage à droite, la piste s’engage sur le Salar. Piste de terre en surplomb d’un petit mètre par rapport au niveau du sel donc easy. Mais de l’eau fait son apparition par endroits et parfois la piste redescend au niveau du Salar, probablement pour permettre l’écoulement entre les 2 parties qu’elle sépare. Une 1ere fois, je mets les roues dans l’eau, prudemment, puis une 2eme. Et tout d’un coup, 2 piliers et plus de piste. C’est le grand saut, dans le grand bain. Tout de suite quelques nappes d’eau que je contourne en visant les zones plus sèches. Mais c’est insidieux : ça ne passe jamais de tout sec à totalement inondé. C’est à chaque fois très progressif et quand on est un petit peu borné, difficile de faire machine arrière alors qu’on a déjà franchi quelques obstacles. Bon je vais pas vous raconter tout ce qui m’est passé par la tête durant toute cette journée mais j’ai décidé d’y aller et tant pis pour le matos. Car c’est ça le principal problème : je ne risque pas la noyade mais le sel et la mécanique font rarement bon ménage.
Mais c’est tellement magique et unique que je profite un max. Avec tout de même toujours cette épée de Damoclès : est-ce que ça ne va pas s’empirer et devenir totalement impraticable.
Réponse au prochain épisode car au km 80, alors que je traverse une zone plus sèche, je décide de m’arrêter pour la nuit. Le vélo et le cycliste sont maculés de sel.
Et c’est peu après que tout bascule. J’avais bien vu de gros nuages, qui rendaient le décor encore plus fou mais juste après avoir installé ma tente, d’énormes bourrasques de vent viennent gâcher la fête. Et c’est même un cauchemar qui commence. Afin que la tente ne s’envole pas et surtout ne se casse pas, je passe un peu plus d’1h30 debout à tenir 2 arceaux. À la faveur d’une accalmie relative, je me réfugie dans la tente car je commençais à être frigorifié (je n’avais pas eu le temps d’enfiler de chaussettes). Et une fois dans la tente, j’essaie dans diverses positions de soutenir les arceaux pour que ça ne casse pas.
Au moment où j’écris ces lignes, le vent s’est calmé mais souffle encore. À priori pas de casse, mais j’espère que rien ne s’est déchiré : état des lieux demain matin.
PS : concernant les photos, pédaler tout nu sur le Salar de Uyuni est une tradition cycliste que je me devais de respecter… j’ai même lancer le drone donc il y aura une vidéo ! 🔞