☁️🌤️☀️ 7 à 27°C


Comme souvent à 2700m il fait frais au réveil mais il reste quelques braises sous les cendres et le feu est vite ravivé : parfait pour un p’tit dej en se réchauffant les mains et les pieds.

Le début de l’étape au milieu des pins ne nous offre pas de vues splendides mais à la suite d’une petite descente : WAOUUUUH ! La vue s’ouvre sur un précipice et les montagnes de la Sierra Madre à perte de vue. Malgré le ciel nuageux, la vue est époustouflante. Le truc génial c’est que la route est plus ou moins sur une crête donc nous passons d’un versant à l’autre nous offrant une belle alternance de vues de zinzin. 

Pour pimenter le tout, la route, en partie abandonnée depuis la construction d’une « autopista », est jonchée de pierres voire de rochers voire de bouts de montagnes au gré des éboulements passés.

Vers 13h, après avoir changé d’état (adios Durango, buenas Sinaloa) et de fuseau horaire (-8h avec la France), nous arrivons à destination, enfin c’est ce que nous pensions. En effet, l’option bivouac ne fonctionne pas et les 2 hôtels de la ciudad affichent portes closes. 

Nous avalons donc rapidement nos quesadillas car l’objectif s’est considérablement éloigné. Les prochaines solutions de bivouac sont lointaines et incertaines. Le 1er hôtel est lui à 75km.

Pendant le dej, un 4*4 traverse le village à toute berzingue : rien d’anormal pour les locaux qui en rigolent, une conduite hyper dangereuse de notre point de vue d’européens.

5 km plus loin, le même 4*4, un Jeep Rubicon blanc est en travers de la route. Il n’est pas accidenté mais là pour « filtrer » la circulation : aux commandes de l’opération, un jeune de 13-14ans avec un fusil mitrailleur à la main. Nous passons sans demander notre reste.

10km plus loin, le Rubicon nous double à nouveau à grande vitesse.

10km plus loin, nouveau barrage, pas de rubicon mais à nouveau un jeune armé jusqu’aux dents et des adultes aussi armés. Là encore, malgré une légère hésitation, nous passons entre les mailles du filet grâce à nos allures de touristes. J’en parle sereinement en écrivant ce récit mais le cœur s’est bien emballé sur cet épisode.

10km plus loin, nouveau barrage. Cette fois si c’est l’armée et ils sont en nombre et de la fumée est visible. Pas moyen de passer cette fois-ci, on nous hurle dessus de faire demi-tour ou de nous planquer. Nous nous planquons donc, avec un militaire en arme pour nous protéger. 

Pas facile d’avoir des infos sur la situation mais un avion de l’armée tourne au-dessus du village et certains militaires sont en action, pendant que d’autres sont sur leur portable. Difficile de mesurer le risque réel à ce moment là.

3/4h plus tard, nous sommes libérés et pouvons traverser le pont nous permettant de quitter les lieux.

20km de descente plus tard, nous arrivons à La Concordia, sains et saufs après un bel ascenseur émotionnel, entre l’émerveillement, la peur, l’excitation et la joie.


Demain : mini-étape pour rejoindre Mazatlan, ville-arrivée pour Mathilde.