🌤️ 3 à 25°C


J’avais un garde du corps cette nuit : El perro. Hier soir, un chien est venu me rendre visite et me suivait où que j’aille. Il s’est ensuite couché à 1m de ma tente et a monté la garde. Ce matin, quand j’ai sorti le bout du nez à 5h10, il était toujours là. Je l’ai remercié et récompensé avec les restes de mon ptit dej (un p’tit morceau de pain).

Le lever de soleil derrière les pins était magnifique, de quoi me réchauffer le cœur à défaut de me réchauffer tout court car ça pelait sévère ce matin : 3°C au thermomètre. J’avais oublié, mais replier la tente avec les doigts gelés c’est pas la panacée. La dernière fois c’est au Pérou, à 4800m d’altitude.

À 6h32, après avoir admiré les volcans sans nuages, j’enfourche mon vélo… pour 5 mètres. 5 mètres suffisants pour me rendre compte que mon pneu avant est quasi à plat. 

Le changement de chambre à air qui s’en suit est le plus long changement de chambre à air de l’histoire. D’abord, avec les doigts gelés, je galère à enlever le pneu. Puis impossible d’enlever la mini limaille de fer enfoncée dans le pneu. Ma pince est trop grosse puis je n’y arrive pas non plus avec ma pince à épiler. Je finis par recouvrir la mini pointe avec 6 épaisseurs de scotch d’électricien avant de faire 6 prières pour que ça tienne.

À 7h34, je suis enfin prêt à prendre la route. 25km de descente dans les pins : ça aurait pu être un moment génial mais entre les doigts toujours gelés et la peur de crever à nouveau, j’étais pas hyper serein. Sans compter les adieux déchirants avec El perro. 

Arrivé en bas, dernier regard en arrière pour admirer les volcans, retirer les 4 épaisseurs de vêtements pour enfiler une tenue plus appropriée aux 16°C et se mettre à pédaler. Le temps est compter, j’ai dit à Juan (la personne qui m’héberge à CDMX) que je serai là avant 13h car il part bosser à 14h.


L’approche de la capitale mexicaine a été, comment dire : une souffrance ? une galère ? un cauchemar ? une misère ? un pied dans la tombe presque ?

D’habitude je m’en sors bien avec les approches de grandes villes, en prenant presque du plaisir à me faufiler dans le traffic. Là j’ai souffert et j’avais hâte d’en terminer. Mais je suis arrivé sain et sauf et dans les temps pour faire la connaissance de Juan et m’installer chez lui.


J’ai maintenant jusqu’au 31 octobre pour découvrir la ville, faire (faire) un gros entretien à mon vélo et me reposer avant la suite de l’aventure.